J-P. Papin : «Cette finale, je la sens bien»
Auteur d'un triplé fantastique lors de la finale de Coupe de France 1989 contre Monaco, Jean-Pierre Papin est le dernier capitaine olympien à avoir soulevé la coupe de France. Son sentiment sur OM-PSG.
Comment sentez-vous cette finale de Coupe de France entre l'OM et le PSG ?
C'est une finale de coupe de France avec tout ce que cela peut comporter comme pression, passion. Personnellement, je la sens bien car cela fait longtemps que l'OM n'ait pas allé au bout de quelque chose. Jouer contre le PSG au Stade de France, c'est plutôt symbolique. Il est temps pour l'OM de gagner à nouveau un titre.
En terme de préparation, que préconisez-vous ?
Je crois que le football se joue maintenant beaucoup plus dans les têtes. Il ne faut se mettre une pression particulière car il faut jouer comme on joue d'habitude sans essayer de faire le «plus» de trop. Il faut jouer comme on le sait, en faisant les mêmes gestes. Pour la préparation, chacun fait comme il les sent. Me concernant, le jour où j'ai mis trois buts en finale de Coupe de France, j'avais probablement fait la pire préparation que puisse faire un footballeur. Je n'avais pas dormi la veille, j'avais bâclé la collation et j'avais mangé un sandwich jambon-beurre-fromage et un soda. J'avais fait n'importe quoi et finalement j'ai marqué trois buts. Par contre, l'arrivée au Parc des Princes m'a transcendé, je m'étais bien échauffé, je me sentais bien.
Et pourtant vous êtes le dernier capitaine de l'OM à avoir levé ce trophée...
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé... On venait d'être champion, c'était le dernier match de la saison, on pensait au doublé de nos aînés. Mes coéquipiers avaient confiance en moi, le Boss (Bernard Tapie, ndlr) m'a parlé avant la rencontre, il m'a dit qu'il le sentait bien sans trop savoir pourquoi et sur le premier ballon, je touche le poteau mais la balle rentre. Une tête croisée pour le deuxième but et sur le troisième j'envoie la balle sous la barre. Il y aurait même pu en avoir un quatrième avec le penalty mais Jean-Luc Ettori l'a arrêté. Finalement, on s'impose 4-3, c'est un souvenir exceptionnel.
Franck Ribéry est souvent comparé à vous. Peut-il, comme vous, faire la différence ?
Le problème c'est que l'on me compare souvent à deux joueurs. D'un côté Franck Ribéry et de l'autre Pedro Miguel Pauleta. Il faut faire attention que l'un des deux ne fasse pas ce que j'ai fait... Sauf si c'est Franck Ribéry. (rires) Il est capable de faire de grandes choses. Pour lui, c'est aussi le match qui peut déclencher une sélection pour la Coupe du Monde. Il ne faut qu'il change sa manière de jouer.
L'OM est actuellement sur une superbe dynamique...
La machine olympienne est bien réglée. L'équipe tourne à plein régime, elle ne prend pas de but et elle en marque beaucoup. Le PSG craint l'OM mais je me méfierais de Pedro Pauleta car même sur une jambe, il ne faut pas le laisser seul, même pas durant une seconde... Il est dangereux, c'est une race à part.
J'espère surtout que cette finale gommera tous les PSG-OM que l'on a connus ces derniers temps avec les papiers immoraux dans les journaux et que le football reprenne ses droits. C'est l'un des derniers matchs de la saison peut-être le plus beau de la saison avec deux grands clubs. Que le football soit roi !
Eric Di Méco : «Nous étions insouciants»
«Nous étions encore insouciants... On ne faisait que s'amuser ! JPP avait réalisé un véritable show en marquant trois buts sur quatre. Rien ne pouvait l'arrêter... Même si nous avions l'habitude de le voir marquer, il nous avait époustouflé ce soir-là. On peut dire que c'était du grand art !», s'enthousiasme encore, 17 ans après, son partenaire Eric Di Méco.
OM 4-3 AS Monaco (10/06/1989)
Le 10 juin 1989 à Paris (Parc des Princes)
44 448 spectateurs / Arbitre M. Quiniou
OM: Huard, Thys, Di Méco, Förster, Le Roux, Germain, Meyrieu (Eyraud 46e), Sauzée, Papin, Vercruysse (Gastien 69e), Allofs.
AS Monaco: Ettori, Amoros,Valéry, Sonor, Battiston, Poullain (Kurbos 68è), Puel (Fofana 46e), Dib, Weah, Hoddle, Petit